Pour notre équipe enseignante, il a toujours été nécessaire de sensibiliser nos élèves au cycle de la vie et au phénomène du vieillissement. Notamment en leur donnant l’occasion de côtoyer des personnes âgées, que ce soit par des courriers ou à travers un contact ponctuel occasionnel.
Durant la période de l’Avent, par exemple, nos titulaires de cinquième et de sixième avaient déjà lancé, avec leurs élèves, des actions « cartes de voeux » à destination des personnes âgées.
Cette année, un nouveau projet est né, suite à l’initiative de Mesdames Marie Attout et Valérie-Anne Michel, institutrices en quatrième primaire à l’Externat Saint-Joseph d’Hyon. Elles ont axé un des volets de notre thème d’année (Foi et Justice) sur des rencontres régulières entre nos élèves et quelques résidents de la maison de repos « Les Pauvres Sœurs », située au numéro 22 de la Rue de Bertaimont, à Mons.

L’intérêt d’aller encore plus loin leur a semblé évident. Imaginer un rapprochement résidait dans l’organisation de contacts réguliers entre les deux générations. Celui-ci devait reposer essentiellement sur les notions de partage et d’échange entre participants.




À travers différentes activités, nos jeunes élèves ont pu prendre conscience des différences, de la notion du temps qui passe, de la continuité de la vie, des besoins et des difficultés liés à la vieillesse et du respect entre les âges.

Favoriser un tel échange a également favorisé l’émergence d’un lien social fort entre générations.
L’augmentation exponentielle de l’espérance de vie génère un accroissement du nombre de générations amenées à vivre ensemble en même temps. Un tel projet était donc, par essence, un vecteur de transmission du savoir, du savoir-faire et du savoir-être !
Les personnes âgées ainsi rencontrées se sentent considérées et valorisées en partageant leur expérience, leur vécu. Elles sont aussi stimulées socialement et de manière cognitive.

L’objectif est double : rompre l’isolement social et lutter contre la solitude !
Ces deux générations ont pu partager des moments de détente et de convivialité agréables et enrichissants ; découvrir d’autres personnes , d’autres lieux ; développer de nouvelles relations ; s’ouvrir vers l’extérieur ; …
Créer un tel projet ne se limitait pas simplement à mettre en présence les enfants et les personnes âgées. Le cœur même du projet est de favoriser l’émergence d’un lien entre les participants. C’est pourquoi nos enseignantes et le personnel encadrant des Pauvres Soeurs ont dû mettre en place des supports et un cadre adaptés pour y parvenir.
Chaque rencontre s’appuyait sur une activité réalisable par les enfants et les résidents et présentant un intérêt pour les deux parties.
D’un côté, les enfants devaient pouvoir participer à l’activité, d’autre part l’activité proposée ne pouvait pas faire naître chez les personnes âgées un sentiment d’infantilisation. Du côté des personnes âgées, toutes les activités proposées concouraient au maintien de l’autonomie et de la socialisation quelle que soit la dépendance du résident.
Afin qu’un lien se tisse au fil du temps, ce sont toujours les mêmes classes qui participaient aux rencontres. Ce projet s’inscrivait donc dans la durée car il fallait qu’il y ait une continuité dans le temps et une récurrence des rencontres organisées.
Pour ce faire, nos élèves ont donc commencé « crescendo ». Pour la première rencontre, nous avions préparé deux types d’activités, en collaboration avec le home. Nous avions choisi de scinder la venue des élèves en deux groupes distincts, un mois une classe de quatrième et l’autre classe, le mois suivant, afin de respecter le calme de la maison de repos.
L’idée étant, dans un premier temps, de faire connaissance et d’appréhender le cadre (les locaux, le personnel, …).
Toutefois, pour mener à bien ce projet et que chacun des participants se sente à l’aise avec le concept, il nous fallait aussi respecter certaines règles.
Chacun devait être libre de participer ou non aux activités intergénérationnelles. Nous demandions toujours aux enfants leur avis (même s’ils étaient toujours très enthousiastes !) ainsi qu’aux résidents. Il était primordial qu’aucune obligation ne se fasse sentir de part et d’autre.
Les activités se déroulaient toujours dans des espaces définis par la maison de repos. Cela permettait à chacun d’évoluer librement ensemble, mais aussi, de pouvoir s’isoler du groupe, si un besoin d’intimité se fait ressentir.
Un projet intergénérationnel se doit toujours d’être l’affaire de chacun : des enfants, des retraités, des professionnels d’encadrement, mais aussi des parents, qui participent par leur consentement et/ou présence active pour ceux qui le peuvent.
Les élèves ont apporté des jeux de société qu’ils avaient fait valider par leur institutrice et qu’ils avaient préalablement testés en classe, de façon à pouvoir y jouer avec les résidents du home en connaissant parfaitement les règles.

De leur coté, le home avait choisi de faire des jeux de mimes et d’expression, de façon à créer un binôme enfant et personne âgée. Un des jeux proposé consistait à écouter l’ergothérapeute raconter une histoire et les enfants, en binôme avec une personne âgée, devaient dessiner ensemble les éléments de l’histoire.

En décembre, les enfants sont retournés rendre visite aux résidents.
Cette fois-ci, pour exécuter leurs plus beaux chants de Noël et leur faire profiter d’un merveilleux spectacle. Quelle préparation !
Les enfants ont chanté, mimé certains chants et joué de la clochette sur d’autres. C’était magnifique !
Une fois de plus, il y avait de très belles interactions entre les enfants et les résidents.
Après le spectacle, les enfants ont pu offrir une carte de vœux personnalisée à chaque personne âgée.
Ensuite, ils leur ont servi l’apéro, comme des professionnels. L’heure du dîner approchant, ils ont même dressé les tables pour le repas de midi. Ce fut également une très belle matinée !
Progressivement, nous avons pu introduire des activités plus sensorielles, plus manuelles, notemment à l’aide de ballons.


Un autre jeu consistait à lancer des balles de tennis dans des seaux pour marquer des points.

Ces activités ont vraiment permis de créer un lien solide avec les personnes âgées. Il y avait de l’écoute, du partage, des rires et tous se sont retrouvés à dire que c’était un moment ludique et riche en émotions diverses.
Les enfants se sont vraiment adaptés et on fait preuve de patience dans l’explication des jeux. Quelle magnifique aventure et que de richesse dans les échanges entre ces générations.
Découvrez quelques images de ces moments merveilleux…









































































































































































